manchester City n'a pu faire mieux qu'un match nul à Bournemouth ce mardi soir. Ce résultat suffit : Arsenal est mathématiquement sacré champion de Premier League 2025-2026, avec un match encore à jouer. Vingt-deux ans d'attente. C'est terminé.
82
Points au classement
25
Victoires en championnat
18
Buts sur corner (record)
+4 pts
D'avance sur Man City
Le soir où tout a basculé à Bournemouth
Ce mardi 19 mai 2026, les supporters d'Arsenal n'ont pas regardé leur propre équipe jouer. Les yeux rivés sur la Vitality Stadium, à Bournemouth, ils ont suivi le match de Manchester City avec une fébrilité mêlée d'espoir contenu. Junior Kroupi ouvre le score pour les Cherries en première mi-temps. Haaland égalise dans les arrêts de jeu... mais il est trop tard. City termine le match sur un match nul, et ce simple résultat fait d'Arsenal les champions d'Angleterre.
Avec 82 points et quatre unités d'avance sur un Manchester City qui ne peut plus les rattraper, les Gunners sont sacrés avec un match à disputer — leur déplacement à Crystal Palace dimanche prochain ne sera plus qu'un tour d'honneur mérité.
La veille, Arsenal avait posé les bases de ce sacre en battant Burnley 1-0 à l'Emirates Stadium, sur un but de tête de Kai Havertz à la 37e minute, servi par un centre précis de Bukayo Saka. Un succès laborieux, nerveux, ponctué de dix minutes de temps additionnel qui ont semblé durer une éternité pour les 60 000 spectateurs présents. Mais suffisant. Plus que suffisant.
"Il en reste un, à moins que quelque chose de beau ne se produise demain soir. Dans ce cas, je serai le plus grand supporter de Bournemouth qui ait jamais existé."
— Mikel Arteta, après Arsenal 1-0 Burnley, 18 mai 2026
Vingt-deux ans de larmes et de frustation
Pour comprendre l'ampleur de ce titre, il faut remonter à 2004. Cette année-là, sous la houlette d'Arsène Wenger, Arsenal réalisait l'exploit de finir la saison invaincu — 38 matchs sans défaite — entrant dans la légende du football anglais sous le nom des "Invincibles". Depuis, plus rien. Vingt-deux ans de disette, de promesses brisées, de finales manquées.
Pire encore : la saison précédente, Arsenal avait terminé dauphin de Manchester City pour la troisième fois consécutive, devenant le premier club de l'histoire du football anglais à finir vice-champion trois saisons de suite — un triste record qu'ils partageaient avec d'autres équipes du passé. Les "nearly men", les éternels finalistes, les victimes d'une domination CitY sans précédent. Ce surnom collait à la peau des Gunners comme une malédiction.
Ce mardi soir, cette malédiction a été levée.
Arteta, l'architecte d'une révolution
Mikel Arteta n'est pas arrivé à Arsenal comme un sauveur providentiel. En décembre 2019, l'ancien milieu de terrain espagnol, alors adjoint de Pep Guardiola à Manchester City, prenait ses premières fonctions d'entraîneur principal dans un club en plein doute. Peu lui faisaient confiance. Beaucoup réclamaient son départ lors des premières saisons difficiles.
Mais Arteta a construit. Patiemment, méthodiquement, il a restructuré l'identité du club, rajeuni l'effectif, imposé une culture de travail et d'exigence qui ont progressivement transformé Arsenal en prétendant sérieux, puis en champion. Sa philosophie est claire : un pressing intense, une solidité défensive irréprochable (meilleure défense de Premier League pour la deuxième saison consécutive avec seulement 34 buts concédés), et une redoutable efficacité sur phases arrêtées.
Car c'est l'une des marques de fabrique de cet Arsenal : les corners. Dix-huit buts inscrits sur phases de coin cette saison, un record absolu en Premier League. Un travail tactique minutieux, répété à l'entraînement, qui a fait la différence à des dizaines de reprises — dont ce but décisif de Havertz face à Burnley qui a ouvert la voie du titre.
Une saison de rebond et de caractère
La route vers ce titre n'a pas été un long fleuve tranquille. Arsenal a connu ses moments de doute. La défaite 2-1 à l'Etihad Stadium face à Manchester City le 19 avril semblait rouvrir la course au titre. Les Gunners, qui avaient laissé filer 21 points depuis des positions gagnantes la saison précédente, risquaient de reproduire le même scénario cauchemardesque.
Mais ce groupe n'est plus le même. Là où les équipes précédentes auraient craqué, celle-ci a répondu. Quatre victoires consécutives sans encaisser le moindre but après cette défaite à City : 1-0 contre Newcastle, 3-0 contre Fulham, 1-0 à West Ham (avec un but de Trossard à la 83e et un but annulé in-extremis par le VAR en faveur des Hammers), et enfin 1-0 face à Burnley. Un mental d'acier. Une résilience qui force le respect.
Le derby londonien contre Tottenham, soldé par une manita 4-1 à White Hart Lane en février, avait déjà donné le ton. Cette équipe peut gagner partout, contre n'importe qui, de toutes les manières.
Résultats clés
Classement final (J37)
Saka, Havertz, Trossard : un collectif avant tout
Si ce titre est avant tout l'œuvre d'un collectif, quelques individualités méritent d'être citées. Bukayo Saka, d'abord, dont l'influence dépasse largement les statistiques. L'ailier anglais a inscrit sa 50e passe décisive en Premier League lors du match contre Burnley — seuls Dennis Bergkamp (94), Thierry Henry (74), Cesc Fàbregas (70) et Mesut Özil (54) avaient fait mieux dans l'histoire du club. Un monument.
Kai Havertz, longtemps critiqué depuis son arrivée en provenance de Chelsea, a lui aussi signé un moment de grâce face à Burnley — son but de la tête, le deuxième seulement de sa saison en championnat perturbée par les blessures, s'est révélé décisif. Leandro Trossard, infatigable remplaçant de luxe devenu titulaire indispensable, a lui aussi marqué les esprits, notamment par son but libérateur à West Ham en stoppage time.
Et puis il y a David Raya, le gardien espagnol, qui n'a quasiment pas eu à s'employer lors du match contre Burnley — signe d'une organisation défensive collective exemplaire qui a permis de conserver un clean sheet crucial.
Et maintenant, la Ligue des Champions ?
Arsenal ne s'arrête pas là. Le 30 mai prochain, les Gunners seront à Paris pour disputer la finale de la Ligue des Champions face au Paris Saint-Germain — les mêmes qui les avaient éliminés en demi-finale la saison dernière. Une revanche sportive et émotionnelle de taille.
Arsenal dispute seulement la deuxième finale de son histoire en Ligue des Champions — la première remontait à 2006, contre le Barça, perdue 2-1 à Paris après avoir joué une heure à dix contre onze. Si les Gunners s'imposent le 30 mai, ils réaliseraient le doublé Championnat-Ligue des Champions, ce qui serait tout simplement la plus grande saison de l'histoire du club.
Mais ce soir, laissons Arsenal savourer. Après vingt-deux ans de patience, d'espoirs déçus et de cœurs brisés, les Gunners sont enfin champions d'Angleterre. Et ça, personne ne peut le leur enlever.
"Regardez chaque action de cette saison — nous n'obtiendrons rien que nous ne méritions pas."
— Mikel Arteta, après Arsenal 1-0 Burnley

